

The Monkey : critique d'un film d'horreur qui avait tout pour être culte… et qui rate tout
The Monkey avait tout pour devenir un film d'horreur culte. Il ne fait jamais peur, ne fait jamais vraiment rire. Note MovieHunt : 3/10.
Il y a des films qu'on a envie d'aimer avant même de les voir. The Monkey faisait partie de ceux-là : une nouvelle de Stephen King adaptée pour le grand écran, un jouet maudit qui déclenche des morts absurdes, Osgood Perkins à la réalisation après l'efficace Longlegs, et un casting quatre étoiles avec Theo James, Adam Scott, Elijah Wood et Tatiana Maslany. Sur le papier, c'était presque gagné. Et pourtant, difficile de ne pas ressortir de la salle avec une impression de gâchis monumental.
Ce n'est pas un désastre parce que l'idée est mauvaise. C'est une déception parce que l'idée était excellente — et que le film n'en fait presque rien.
Un pitch parfait pour un film d'horreur culte
Le point de départ est redoutable. Deux jumeaux, Bill et Hal, retrouvent un vieux singe mécanique appartenant à leur père disparu. Dès qu'on remonte le jouet, une mort violente et absurde frappe quelqu'un dans leur entourage. Le singe frappe la cymbale. Quelqu'un meurt. Pas forcément celui qu'on attend. Pas forcément de la façon qu'on anticipe.
Cette mécanique est brillante sur le papier. Elle rappelle les meilleurs King : un objet banal devenu vecteur de terreur, une logique interne cruelle, une ironie macabre dans le choix des victimes. Le singe mécanique est une image forte, presque iconique avant même que le film commence. Et la nouvelle originale de King, publiée en 1980, avait ce qu'il faut pour alimenter 97 minutes de cinéma décalé et inquiétant.
Le film le sait. Il le dit, presque. Il pose ses pions avec soin dans son premier acte, installe les frères, leur rapport au père absent, la découverte du jouet… Et puis il décolle dans une direction que personne n'attendait vraiment. Pas dans le bon sens.
Le problème central : le film n'est jamais vraiment effrayant
Osgood Perkins est un réalisateur qui sait créer une atmosphère. Longlegs avait ses défauts, mais il installait une tension réelle, un malaise qui persistait longtemps après le générique. Avec The Monkey, cette tension est absente du premier au dernier plan.
Les morts s'accumulent, souvent de manière spectaculaire, parfois gore. Mais elles ne provoquent aucune angoisse. On les regarde comme on regarderait des accidents dans un film catastrophe : avec une certaine indifférence, en attendant la suivante. Il n'y a pas de scène qui reste, pas de moment qui oblige à détourner les yeux ou à retenir son souffle. Le singe frappe, quelqu'un trépasse, la caméra avance.
L'horreur efficace repose rarement sur la quantité de morts. Elle repose sur ce qu'on ressent entre les morts. The Monkey ne s'intéresse pas à cet entre-deux. Il enchaîne les séquences sans jamais laisser le malaise s'installer. Résultat : on est spectateur, jamais complice. On observe sans jamais avoir peur.
L'humour noir ? Présent en théorie, absent en pratique
C'est peut-être le reproche le plus difficile à formuler, parce qu'il touche à quelque chose de subtil : le film croit faire de l'humour noir. Il y a une intention. Le tagline officiel l'annonce sans détour — "Tout le monde meurt. Et ça fait chier." — et le ton voulu est clairement celui d'une comédie d'horreur décalée, héritière d'un Evil Dead 2 ou d'un Tucker and Dale vs Evil.
Mais l'humour noir ne fonctionne pas par accumulation. Il fonctionne par contraste, par surprise, par un timing parfait entre l'horreur et l'absurde. The Monkey rate systématiquement ce contraste. Les morts sont présentées comme volontairement ridicules, mais sans le dosage qui rendrait le ridicule libérateur. On sourit parfois. On ne rit jamais vraiment. Et on ne frémit pas davantage.
Le casting n'aide pas à sauver cette dimension. Theo James est solide, mais le film ne lui offre pas grand-chose à jouer en dehors de la réaction. Adam Scott et Elijah Wood, annoncés au casting, ont des présences si fugaces qu'on se demande pourquoi leur nom figure en tête d'affiche. Tatiana Maslany, formidable dans Orphan Black, est ici sous-exploitée de façon presque incompréhensible.
Le gore ne remplace pas une bonne idée exploitée
Il y a du gore dans The Monkey. Parfois beaucoup. Et techniquement, c'est souvent bien exécuté — les effets pratiques ont de la gueule, certaines séquences de mort sont inventives dans leur conception. Mais le gore, utilisé comme unique ressort émotionnel, s'épuise vite.
Quand on n'a pas peur pour les personnages, quand on ne rit pas de leur situation, le spectacle graphique finit par n'être que du spectacle. On regarde des corps se désintégrer avec la même implication émotionnelle qu'une cascade dans un film d'action moyen. La violence est là. L'impact, lui, ne vient jamais.
C'est là que The Monkey révèle peut-être sa limite profonde : il semble avoir confondu l'esthétique du film d'horreur culte avec l'essence du film d'horreur culte. Les grands films de cette catégorie — Evil Dead, The Thing, Get Out — ne sont pas cultes parce qu'ils montrent des choses choquantes. Ils le sont parce qu'ils font ressentir quelque chose d'irréductible, que ce soit la terreur, le fou rire nerveux, ou les deux en même temps.
Notre verdict
À voir uniquement si vous êtes fan inconditionnel de Stephen King ou curieux de voir où Osgood Perkins va avec un budget plus confortable. Si vous cherchez un vrai film d'horreur tendu ou une comédie noire qui fait rire, il y a beaucoup mieux — et nos sélections de films d'horreur sous-cotés vous trouveront facilement une meilleure soirée.
The Monkey n'est pas un désastre parce que son idée est mauvaise. Il est frustrant parce que son idée était excellente.
Retrouvez la fiche complète de The Monkey sur MovieHunt — note détaillée, points forts et points faibles.
Faut-il regarder The Monkey ?
Le succès commercial du film — presque 69 millions de dollars de recettes mondiales pour 10 millions de budget — prouve que la hype autour de l'adaptation King a fonctionné. Ce n'est pas nécessairement un gage de qualité. La bande-annonce promettait quelque chose de fun et décalé ; le bouche-à-oreille des amateurs de gore easy-going a fait le reste.
Il y a des films qui déçoivent parce qu'ils étaient trop ambitieux. Il y a des films qui déçoivent parce qu'ils ne l'étaient pas assez. The Monkey appartient à cette deuxième catégorie : un film qui avait un concept fort, et qui a décidé que le concept suffirait.
Il ne suffisait pas.
Questions fréquentes sur The Monkey
The Monkey est-il basé sur un livre de Stephen King ?
Oui. The Monkey est l'adaptation de la nouvelle éponyme de Stephen King, publiée en 1980 dans le recueil Night Shift. La nouvelle raconte l'histoire d'un jouet de singe mécanique maudit qui provoque des morts à chaque fois qu'on le remonte. Le film reprend ce concept mais s'en éloigne suffisamment pour créer ses propres problèmes d'exécution.
The Monkey vaut-il le coup en 2025 ?
C'est mitigé. Le film dispose d'un pitch fort, d'un casting de qualité et de quelques séquences gore inventives. Mais il rate à la fois l'horreur et l'humour noir qu'il promettait. Si vous êtes très curieux ou fan de Stephen King, pourquoi pas — mais sans attentes. Notre note : 3/10.
Pourquoi The Monkey a-t-il bien marché au box-office malgré ses critiques négatives ?
Le succès commercial de The Monkey s'explique avant tout par la hype autour de l'univers Stephen King et par la réputation d'Osgood Perkins après Longlegs. La bande-annonce promettait quelque chose de fun et décalé, ce qui a attiré un public large. Le succès au box-office ne reflète pas toujours la qualité réelle du film.
Quels films regarder à la place de The Monkey si on cherche une vraie horreur fun ?
Si vous cherchez un mélange réussi d'horreur et d'humour noir, préférez Evil Dead Rise (2023) pour la tension gore, Tucker and Dale vs Evil pour le côté comédie décalée, ou Get Out (Jordan Peele) pour une horreur avec un vrai sous-texte. Dans le registre King, It (2017) reste la référence moderne la plus accomplie.
Informations sur le film
- Titre
- The Monkey
- Année
- 2025
- Réalisateur
- Osgood Perkins
- Genre
- Horreur, Comédie
- Note MovieHunt
- 3/10

