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Mother, Couch (2024) : un casting cinq étoiles dans un film qui ne les mérite pas
Note: 3/10

Mother, Couch (2024) : un casting cinq étoiles dans un film qui ne les mérite pas

Critique de film
22 mai 2026
Comédie dramatiqueAbsurdeEwan McGregorEllen BurstynF. Murray AbrahamHuis closFamille2024

Ewan McGregor et Ellen Burstyn dans un huis clos absurde — la prémisse était brillante, le film ne l'est pas. Note : 3/10.

Mother, Couch déçoit malgré une prémisse captivante et un casting cinq étoiles. Ewan McGregor, Ellen Burstyn et F. Murray Abraham méritaient bien mieux qu'un film qui étouffe son propre concept sous le poids de ses métaphores. À éviter, sauf pour les amateurs de drame absurde prêts à la frustration. Note MovieHunt : 3/10.

Mother, Couch (2024) — Ewan McGregor et Ellen Burstyn dans le film de Niclas Larsson
Mother, Couch (2024) — Réalisé par Niclas Larsson. Avec Ewan McGregor, Ellen Burstyn. © Peccadillo Pictures

Un huis clos absurde qui part avec toutes les cartes en main

La prémisse de Mother, Couch était tout sauf anodine. Une mère âgée refuse soudainement de se lever d'un canapé exposé dans un magasin de meubles suranné. Sa famille — trois enfants adultes aux personnalités incompatibles — débarque progressivement dans le magasin, incapable de la faire bouger, incapable de partir. Le magasin devient un piège, la famille un bocal, et le canapé un trône involontaire.

Le réalisateur suédois Niclas Larsson signe ici son premier long-métrage en anglais, adapté du roman de son compatriote Jerker Virdborg. L'univers de départ — absurde, mélancolique, légèrement kafkaïen — avait tout pour fonctionner. Le magasin poussiéreux avec ses meubles figés dans le temps, la figure maternelle obstinée interprétée par Ellen Burstyn, les trois enfants qui se dévoilent sous pression : David (Ewan McGregor), Gruffudd (Rhys Ifans) et Linda (Lara Flynn Boyle). Autour d'eux, des conjoints perplexes et Marcus (F. Murray Abraham), le mystérieux propriétaire des lieux. Le casting, à lui seul, était une promesse.

Mother, Couch (2024) — scène du magasin de meubles avec la famille dysfonctionnelle
Mother, Couch (2024) — Un concept absurde, un casting exceptionnel, une exécution décevante.

Quand la métaphore prend le dessus sur tout le reste

Le problème de Mother, Couch est précisément là où MovieHunt l'identifie : le pitch de départ était prometteur, malheureusement l'intrigue se transforme en métaphore sur la mort, les liens familiaux et l'enfance. Ce constat, lapidaire mais juste, décrit exactement ce que ressent le spectateur passé le premier acte.

Larsson ne fait pas confiance à sa situation de départ. Plutôt que de laisser la tension absurde se déployer — de laisser ce magasin de meubles devenir un vrai enfer domestique, comique et douloureux à la fois — il s'empresse d'y superposer des couches symboliques de plus en plus lourdes. Le canapé devient une métaphore de l'inertie familiale. La mère immobile, une allégorie du déni face à la mort. Les enfants qui ne peuvent pas partir, un commentaire sur les liens qui emprisonnent autant qu'ils protègent. Tout cela est vrai. Tout cela est lisible. Et c'est précisément le problème : ça se voit trop.

Le film perd de vue ce qui rendait son concept irrésistible — l'absurde, la comédie noire, la friction entre des personnages que la situation contraint à coexister. À la place, il s'installe dans une gravité diffuse, un onirisme vaguement mélancolique qui n'est ni vraiment émouvant ni vraiment provocateur. Les rares éclats d'humour noir arrivent trop tard, comme des regrets. On devine ce que le film aurait pu être : un Funny Games familial et sardonique, ou un vaudeville existentiel à la Ionesco. Il choisit d'être ni l'un ni l'autre.

Un casting cinq étoiles dans un film qui ne les mérite pas

Ellen Burstyn est la seule à s'en sortir vraiment. Dans un rôle quasi muet — la mère ne s'explique jamais, ne se justifie jamais — elle parvient à exister par la seule présence physique, par ce regard lointain et têtu que personne ne lit vraiment. C'est une performance sobre, presque suspendue, qui méritait un film à sa hauteur.

Ewan McGregor, en fils aîné sérieux et débordé, fait ce qu'il peut avec un personnage sous-écrit. Il est convaincant mais jamais mémorable — le film ne lui donne pas grand-chose à jouer que la perplexité et la résignation. Rhys Ifans, en frère gallois fantasque, apporte les seuls moments de légèreté, mais son registre comique semble venir d'un autre film que celui que Larsson voulait faire. F. Murray Abraham, dans le rôle du propriétaire mystérieux, est utilisé comme un oracle de pacotille — ses apparitions censées être énigmatiques tombent dans le symbolisme forcé.

La direction d'acteurs trahit un malaise de fond : Larsson semble ne pas savoir quel film il fait vraiment. Comédie noire ? Drame familial introspectif ? Fable absurde ? Le registre oscille sans jamais trouver sa cohérence, et les acteurs, aussi talentueux soient-ils, en pâtissent. Chacun semble jouer dans sa propre version du film.

Notre verdict

3/10 Note MovieHunt

Mother, Couch est le film de la promesse gâchée. Son casting est exceptionnel, sa prémisse était fascinante, et son réalisateur possède une vraie sensibilité visuelle. Mais le film préfère le symbole à la scène, la métaphore à l'émotion, et finit par se perdre dans sa propre gravité. Pour les amateurs de cinéma absurde ou familial, les meilleures alternatives sont ailleurs — notre sélection de films qui font vraiment réfléchir propose des propositions autrement plus abouties.

Un canapé qui ne bougera pas — et malheureusement, le film non plus.

Retrouvez la fiche complète de Mother, Couch sur MovieHunt — note détaillée, points forts et points faibles.

Mother, Couch : le film qui n'ose pas être ce qu'il promettait

Il y a quelque chose de triste dans Mother, Couch. Pas la tristesse que le film cherche à provoquer — celle-là ne vient jamais vraiment. Mais la tristesse du potentiel non exploité, du concept brillant qui capitule devant ses propres ambitions symboliques. Niclas Larsson avait entre les mains un sujet rare, des acteurs capables de tout, et un décor naturellement théâtral. Il en a fait un film trop sage, trop allégorique, trop conscient de lui-même pour vraiment surprendre ou blesser.

Pour les curieux qui s'y aventurent malgré tout : regardez-le pour Ellen Burstyn, ignorez le reste.

FAQ — Mother, Couch (2024)

Mother, Couch vaut-il le coup ?

Non, sauf si vous êtes un amateur de cinéma d'auteur absurde très patient. Mother, Couch a reçu une note de 3/10 sur MovieHunt. Le film déçoit malgré un concept original et un casting exceptionnel (Ewan McGregor, Ellen Burstyn, F. Murray Abraham). Le problème principal : le film préfère la métaphore à l'émotion et ne sait jamais vraiment dans quel registre il veut jouer. La seule vraie raison de regarder est la performance sobre d'Ellen Burstyn.

Qui joue dans Mother, Couch ?

Mother, Couch réunit un casting remarquable : Ewan McGregor (David, le fils aîné), Ellen Burstyn (la mère qui refuse de quitter le canapé), Rhys Ifans (Gruffudd, le frère fantasque), Lara Flynn Boyle (Linda, la sœur), Lake Bell (Anne, la femme de David), F. Murray Abraham (Marcus, le propriétaire mystérieux du magasin) et Taylor Russell. Le film est réalisé par le suédois Niclas Larsson, d'après le roman de Jerker Virdborg.

Mother, Couch est basé sur un livre ?

Oui. Mother, Couch est l'adaptation du roman éponyme de l'écrivain suédois Jerker Virdborg. Le réalisateur Niclas Larsson, lui aussi suédois, signe avec ce film son premier long-métrage en anglais. L'œuvre originale appartient au registre de la fiction absurde et surréaliste scandinave — un genre qui a produit de très belles choses, mais que l'adaptation peine à retranscrire avec la même efficacité à l'écran.

C'est quoi le genre de Mother, Couch ?

Mother, Couch est classé comédie dramatique, mais c'est une définition imparfaite. Le film relève davantage du drame absurde : une situation kafkaïenne (une famille piégée dans un magasin de meubles) au service d'une réflexion sur la mort, le deuil anticipé, les liens familiaux et l'enfance. Il ne fait pas vraiment rire, ne fait pas vraiment peur, et n'émeut pas complètement — ce flottement entre les genres est précisément son problème.

Où regarder ce film en streaming ?

Informations sur le film

Titre
Mother, Couch
Année
2024
Réalisateur
Niclas Larsson
Genre
Comédie, Drame
Note MovieHunt
Note: 3/10
3/10