
Films comme Le Menu : 10 satires noires et huis clos à voir
10 films à voir après Le Menu : repas qui dérape, satire des riches, huis clos cruels et propositions radicales.
Après Le Menu, aucun film ne rejoue exactement la même soirée : chacun prolonge une facette. Le repas qui dérape, c'est The Invitation. La satire des riches, Sans filtre. L'humour noir, Wedding Nightmare. Le plus radical, Fresh et Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant.
En bref
Un dîner qui inquiète : The Invitation ou The Feast. Une satire des riches : Sans filtre ou Hunger. Du rire noir : Wedding Nightmare ou Delicatessen. Le plus radical, réservé aux adultes : Fresh, La Grande Bouffe et Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant.
À notre sens, Le Menu tient moins à son sang qu'à son rituel : un service réglé comme une cérémonie, face à des convives qui se croient les maîtres de la salle. C'est ce rituel qu'on cherche à retrouver ici, une facette à la fois. Les classifications du CNC ne sont confirmées que pour quatre de ces films ; les autres n'en ont pas de repérée, ou seulement celle d'une plateforme.
Pour revenir au film d'origine, notre critique du Menu et sa fin expliquée décryptent le chef Slowik. Si c'est le huis clos qui vous manque plus que le repas, notre sélection de films en huis clos couvre un autre terrain.
Le choix rapide : quelle facette du Menu cherchez-vous ?
| Votre envie | Les films | À prévoir |
|---|---|---|
| « Dîner inquiétant » | The Invitation The Feast |
Malaise lent, final violent |
| « Satire des riches » | Sans filtre Hunger Wedding Nightmare |
Du drame réaliste à la farce sanglante |
| « Plus radical » | Fresh La Plateforme La Grande Bouffe Le Cuisinier, le voleur… |
Gore, scatologie, contenu adulte |
| « Humour noir » | Delicatessen Wedding Nightmare Sans filtre |
Rire grinçant, violence burlesque |
Le repas qui devient piège
Ici, la table est le piège : on y est invité, on y reste, et le service cache autre chose. Trois films du plus lent au plus burlesque.
The Invitation (2015)
2015 • Karyn Kusama • 1h39 • États-Unis • Logan Marshall-Green, Tammy Blanchard, Emayatzy Corinealdi, Michiel Huisman
Le lien avec Le Menu : Un dîner entre gens bien élevés, dans une belle maison, où l'on comprend peu à peu que l'hôte a prévu autre chose qu'un repas. Comme dans Le Menu, la politesse est le piège : on ne quitte pas la table sans froisser son hôte.
Ce qui diffère : Il n'y a ni chef ni satire sociale. Will, invité chez son ex-femme et son nouveau mari, voit sa paranoïa nourrie par un deuil jamais digéré, et le doute porte autant sur lui que sur les autres convives.
À savoir avant de le lancer : Combustion lente : de nombreux avis jugent la première heure très lente, puis le dernier quart d'heure violent. La révélation finale divise. Présenté en festival en 2015, le film est sorti aux États-Unis en 2016.
Où le voir en France :
The Feast (2021)
2021 • Lee Haven Jones • 1h33 • Royaume-Uni • Annes Elwy, Nia Roberts, Julian Lewis Jones, Steffan Cennydd
Le lien avec Le Menu : Une soirée mondaine dans une maison isolée de la campagne galloise : une jeune femme embauchée pour servir le dîner prépare, à l'insu des invités privilégiés, leur dernier repas. Comme dans Le Menu, le service est un rituel de jugement.
Ce qui diffère : C'est un film d'horreur folklorique et écologique, entièrement en gallois. La sentence vient de la nature plutôt que d'un chef, et la cruauté se révèle presque sans paroles.
À savoir avant de le lancer : Slow burn de 93 minutes, puis un dernier acte très gore : les critiques citent de la chair animale, des asticots, du vomi et des scènes où l'on mange des cheveux. Les spectateurs sont partagés (2,1/5 sur AlloCiné), et le film est à éviter pour les estomacs fragiles.
Où le voir en France :
Delicatessen (1991)
1991 • Jean-Pierre Jeunet, Marc Caro • 1h37 • France • Dominique Pinon, Marie-Laure Dougnac, Jean-Claude Dreyfus, Karin Viard
Le lien avec Le Menu : Un immeuble où la nourriture est devenue rare et où le boucher recrute sa viande par petites annonces : le repas collectif y est un rite macabre. L'humour noir y joue le rôle que la précision glaciale joue dans Le Menu.
Ce qui diffère : L'univers est post-apocalyptique, baroque et burlesque, éclairé d'ambre, plus tendre que cruel : une histoire d'amour entre Louison, ancien clown, et Julie, la fille du boucher, traverse le film.
À savoir avant de le lancer : Le cannibalisme est traité en farce, avec une violence burlesque mais des scènes de découpe qui peuvent déranger. Classé tous publics, ce n'est pas un film pour enfants.
Où le voir en France :
La satire sociale et les privilégiés
Ici, les riches sont le sujet, qu'ils dînent sur un yacht, dans une cuisine d'élite ou en famille. Quatre films du plus réaliste au plus brutal.
Hunger (2023)
Titre original : คนหิว เกมกระหาย • 2023 • Sitisiri Mongkolsiri • 2h25 • Thaïlande • Chutimon Chuengcharoensukying, Nopachai Jayanama, Gunn Svasti, Bhumibhat Thavornsiri
Le lien avec Le Menu : La face gastronomie du Menu : une cuisinière de street-food de Bangkok est recrutée par un chef redouté pour son équipe de repas de luxe, et découvre que cuisiner pour les riches est un rapport de domination. Les convives s'y abaissent devant celui qui les sert.
Ce qui diffère : Il n'y a ni crime ni huis clos : c'est un drame réaliste sur la hiérarchie des cuisines, où l'ascension a un prix moral. Le chef Paul est un tyran plus qu'un justicier, et Aoy finit par lui ressembler.
À savoir avant de le lancer : La cruauté est surtout psychologique et verbale, avec des gestes violents (objets jetés, coups, un coup de couteau) mais sans gore. Le film est long (2h25) et, selon les critiques, s'étire un peu vers la fin. Il est sorti sur Netflix en avril 2023.
Où le voir en France :
Sans filtre (2022)
Titre original : Triangle of Sadness • 2022 • Ruben Östlund • 2h29 • Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni • Harris Dickinson, Charlbi Dean, Dolly de Leon, Woody Harrelson
Le lien avec Le Menu : Des privilégiés piégés à table : un dîner de gala sur un yacht de luxe, que la tempête puis un renversement des rapports de force transforment en farce cruelle. Comme Slowik, le film fait payer à des riches le prix de leur confort. Palme d'or à Cannes en 2022.
Ce qui diffère : La satire est frontale et sans chef : elle moque l'influence, la mode et la lutte des classes, avec un capitaine marxiste ivre et, sur l'île, une inversion des hiérarchies. La menace n'est pas la mort au sens du Menu, mais la déchéance.
À savoir avant de le lancer : Le film est long, près de deux heures et demie. Le dîner du capitaine devient une séquence de vomi et de matières fécales très étirée : les spectateurs sensibles doivent s'abstenir. Les avis sont partagés, entre une satire de classe saluée et un film jugé trop appuyé dont la partie sur l'île s'étire.
Où le voir en France :
Wedding Nightmare (2019)
Titre original : Ready or Not • 2019 • Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett • 1h31 • États-Unis • Samara Weaving, Adam Brody, Mark O'Brien, Henry Czerny
Le lien avec Le Menu : Une riche famille et une tradition qui tue : pour sa nuit de noces, Grace doit honorer un jeu tiré au sort, qui se révèle meurtrier, et sa belle-famille se met à la traquer jusqu'à l'aube. Comme Le Menu, le film transforme un rituel de classe en chasse, avec un humour noir assumé.
Ce qui diffère : C'est une chasse plus qu'un service : l'action est physique, Grace est une survivante plutôt qu'une convive, et le ton est celui de la comédie d'horreur.
À savoir avant de le lancer : Le gore est franc et plusieurs morts sont sanglantes, malgré le -12 du CNC. Le film est sorti en France sous le titre Wedding Nightmare.
Où le voir en France :
La Plateforme (2019)
Titre original : El hoyo • 2019 • Galder Gaztelu-Urrutia • 1h34 • Espagne • Ivan Massagué, Antonia San Juan, Zorion Eguileor, Emilio Buale
Le lien avec Le Menu : Le repas comme machine sociale : une plateforme chargée de nourriture descend de cellule en cellule, les étages du haut se gavent et ceux du bas n'ont rien. C'est le thème du Menu, la table des privilégiés face aux autres, poussé jusqu'à l'allégorie.
Ce qui diffère : Aucun raffinement : c'est une dystopie brutale où la faim pousse à la violence, avec un message de solidarité plus que de satire. Le héros, Goreng, tente d'obtenir que chaque étage se rationne pour ceux d'en dessous.
À savoir avant de le lancer : La violence est extrême, avec cannibalisme, suicides et scènes très crues : à réserver aux spectateurs aguerris. Le rythme est soutenu. Les sources divergent sur la classification, entre -12 et -18.
Où le voir en France :
Les propositions les plus extrêmes
Ici, le repas va jusqu'au bout : cannibalisme, excès mortel ou cruauté baroque. Trois films pour un public adulte et averti.
Fresh (2022)
2022 • Mimi Cave • 1h54 • États-Unis • Daisy Edgar-Jones, Sebastian Stan, Jojo T. Gibbs, Charlotte Le Bon
Le lien avec Le Menu : Le festin des riches comme commerce : Noa tombe sous le charme de Steve, rencontré dans une épicerie, et accepte un week-end en amoureux qui révèle l'appétit insatiable de son nouvel amant. Comme Le Menu, le film fait du repas un produit de luxe où l'on est la matière.
Ce qui diffère : Le point de vue est celui d'une survivante prise au piège par un prédateur, plutôt que celui d'un témoin d'un rituel. La première partie est une comédie romantique grinçante avant le basculement.
À savoir avant de le lancer : Gore, séquestration et violence sur le corps. Disney+ l'a affiché en 18+ ; un chroniqueur de France Bleu relevait pourtant l'absence de scène de sexe et beaucoup de sang. Ce n'est pas une classification du CNC.
Où le voir en France :
La Grande Bouffe (1973)
1973 • Marco Ferreri • 2h10 • France, Italie • Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi, Michel Piccoli, Philippe Noiret
Le lien avec Le Menu : L'ancêtre : quatre amis gourmets de la bourgeoisie s'enferment dans une villa pour manger jusqu'à s'en détruire. Le repas est un rituel d'autodestruction, comme celui du Menu est un rituel de jugement, et la gastronomie y sert la critique d'une classe.
Ce qui diffère : Aucune enquête et aucune menace extérieure : les convives se détruisent eux-mêmes, dans une farce macabre et provocante. La tension de survie du Menu en est absente.
À savoir avant de le lancer : Le film avait scandalisé Cannes en 1973. Vomis, scatologie et scènes sexuelles explicites y côtoient une durée de plus de deux heures. Le CNC l'a classé tous publics avec avertissement, un classement qui sous-estime sa crudité.
Où le voir en France :
Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (1989)
Titre original : The Cook, the Thief, His Wife & Her Lover • 1989 • Peter Greenaway • 2h04 • France, Royaume-Uni, Pays-Bas • Michael Gambon, Richard Bohringer, Helen Mirren, Alan Howard
Le lien avec Le Menu : Le restaurant comme théâtre de cruauté : un gangster tyrannise la clientèle de son restaurant, Le Hollandais, tenu par un cuisinier français, pendant que sa femme y vit une liaison. La salle et la cuisine y deviennent des lieux de pouvoir, comme dans Le Menu.
Ce qui diffère : L'esthétique est celle de l'art et essai : décors rouges, verts et blancs, musique de Michael Nyman, costumes de Jean Paul Gaultier. Greenaway en fait une tragédie de la vengeance en forme de tableau vivant, bien plus baroque que le thriller du Menu.
À savoir avant de le lancer : Violence crue, scatologie, nudité et un dénouement d'une cruauté extrême, malgré un -12 aujourd'hui : c'est l'un des films les plus durs de la liste, réservé à un public adulte et averti.
Où le voir en France :
Quel film choisir selon votre soirée
Pour un dîner qui inquiète sans vous éclabousser, The Invitation. Pour rire noir, Wedding Nightmare ou Delicatessen. Pour une satire des privilégiés qui fait grincer les dents, Sans filtre. Pour aller au bout de la radicalité, Fresh ou Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant. Les mêmes envies de tension en lieu clos se retrouvent dans nos films en huis clos, et le guide Films comme… réunit nos autres univers.
FAQ — films comme Le Menu
Article rédigé par Ben de MovieHunt — critiques et analyses cinéma basées sur 5 critères artistiques et techniques.