

Carry-On (2024) : critique du thriller Netflix avec Taron Egerton
Carry-On lorgne vers Piège de cristal sans jamais convaincre, malgré un Jason Bateman glaçant. Note : 4/10.
Où regarder ce film en streaming ?
Carry-On lorgne ouvertement vers Piège de cristal — un agent de sécurité seul contre tous, un huis clos sous pression, la veille de Noël — mais le film Netflix n'a ni le héros ni le mordant pour tenir la comparaison. Note MovieHunt : 4/10, un thriller d'aéroport qui se regarde sans déplaisir, porté surtout par Jason Bateman en méchant inattendu.
Ce que retient la rédaction : le postulat "Die Hard à l'aéroport" fonctionne sur le papier, mais le film n'assume jamais complètement son clin d'œil, coincé entre hommage et thriller sous-écrit.
Réalisé par Jaume Collet-Serra, habitué du thriller efficace (Non-Stop, The Shallows), Carry-On est sorti directement sur Netflix en décembre 2024. Le pitch tient en une phrase : un agent de sûreté aéroportuaire est manipulé en temps réel par un mystérieux voyageur pour laisser passer un colis dangereux — une course contre la montre qui doit tout à l'unité de lieu et de temps du classique de 1988.
De quoi parle Carry-On ?
La veille de Noël, Ethan Kopek, agent de sûreté à l'aéroport, s'apprête à passer une garde tranquille avant les fêtes. Tout bascule quand un inconnu, qu'il ne verra jamais en personne, prend contact avec lui par oreillette : ce Voyageur exige qu'Ethan laisse passer un bagage contenant une substance dangereuse, sous peine de voir sa compagne enceinte, présente elle aussi dans le terminal, payer le prix de son refus.
Le reste du film tient dans cette tension permanente : Ethan doit à la fois jouer le jeu du Voyageur, protéger discrètement les innocents autour de lui et trouver une faille dans un plan apparemment sans accroc — le tout sans jamais quitter l'enceinte de l'aéroport ni la fenêtre de temps resserrée d'une soirée de veille de Noël.
Ce qui fonctionne
Le clin d'œil à Piège de cristal fonctionne dans ses grandes lignes. Carry-On retrouve cette ambiance de film d'action sous tension, resserrée dans un lieu unique et un temps compté, où un individu isolé doit déjouer un plan bien plus vaste que lui. L'aéroport, avec ses caméras, ses scanners et ses files de passagers pressés, offre un terrain de jeu efficace pour ce genre de thriller à la mécanique bien huilée, et certaines séquences de filature silencieuse dans les couloirs bondés tirent honorablement leur épingle du jeu.
Jason Bateman en méchant est la vraie curiosité du film. Habitué aux rôles de pères de famille dépassés ou de comiques désabusés, l'acteur compose ici un antagoniste d'un calme presque administratif, qui donne ses ordres par oreillette avec une froideur qui tranche radicalement avec son image habituelle. C'est un contre-emploi payant, qui apporte au film le seul véritable frisson qu'il propose.
Les réserves
Le film s'appuie ouvertement sur la nostalgie des thrillers à la Piège de cristal, avec cette même unité de lieu et de temps qui installait la tension du classique de 1988. Le problème, c'est qu'il n'assume jamais complètement son clin d'œil : plutôt qu'un héros franc et déterminé façon John McClane, le film se contente d'un anti-héros hésitant, qui gâche une partie de la nostalgie qu'il cherche pourtant à convoquer.
Le jeu des acteurs pose également problème. En dehors de la prestation de Jason Bateman, l'ensemble du casting reste en retrait, loin du niveau qu'imposait la série des Die Hard dont le film s'inspire pourtant très directement. Cette faiblesse d'interprétation pèse sur des scènes qui auraient dû faire monter la pression, et laisse le spectateur à distance là où il devrait être happé.
Le casting et l'équipe technique
Taron Egerton porte le film en Ethan Kopek, agent de sûreté propulsé malgré lui dans une course contre la montre. L'acteur, plus habitué aux rôles physiques et charismatiques de Kingsman, joue ici un personnage volontairement plus terne et hésitant — un choix qui dessert le film plus qu'il ne le sert, en le privant du souffle héroïque que le genre appelle.
Sofia Carson incarne Nora, la compagne enceinte d'Ethan et l'un des principaux enjeux émotionnels du film. Le rôle reste toutefois assez fonctionnel, cantonné à la position de victime potentielle plus qu'à un vrai personnage actif dans l'intrigue.
Jaume Collet-Serra, à la réalisation, apporte son savoir-faire habituel de faiseur de thrillers efficaces — on lui doit notamment Non-Stop et The Shallows. Le scénario, lui, tient la route ; c'est plutôt sa direction d'acteurs trop timide qui nous prive de l'héroïsme et des grands méchants à la Die Hard que le film appelait pourtant de ses vœux.
Distribution de Carry-On : qui joue qui ?
Le film repose sur un nombre volontairement réduit de personnages, presque tous enfermés dans le même terminal pendant une seule soirée. Voici qui interprète qui, et le rôle exact de chacun dans le dispositif mis en place par le Voyageur.
Taron Egerton
Ethan Kopek
Agent de sûreté à l'aéroport de Los Angeles, il est le personnage par lequel on découvre toute l'intrigue. Manipulé par oreillette pendant la quasi-totalité du film, il doit décider seul jusqu'où obéir.
Jason Bateman
Le Voyageur
L'antagoniste, longtemps réduit à une voix dans l'oreillette d'Ethan. Il n'est pas le commanditaire du complot mais son exécutant, ce qui explique son calme méthodique de professionnel payé pour une tâche précise.
Sofia Carson
Nora Parisi
Compagne d'Ethan, enceinte, et elle aussi employée de l'aéroport ce soir-là. Sa présence dans le terminal est le levier de chantage principal du Voyageur.
Danielle Deadwyler
Elena Cole
Inspectrice de la police de Los Angeles, elle mène l'enquête en parallèle depuis l'extérieur de l'aéroport. C'est par elle que le film relie l'incident du terminal à un complot beaucoup plus large.
Dean Norris
Phil Sarkowski
Le superviseur d'Ethan au poste de contrôle. Son rôle est de rappeler la routine et la hiérarchie du service, ce qui rend d'autant plus difficile pour Ethan d'alerter qui que ce soit.
Sinqua Walls
Jason Noble
Collègue et ami d'Ethan à la sûreté. Le Voyageur se sert de cette amitié pour isoler encore un peu plus son otage.
Theo Rossi
Le Guetteur
L'homme de terrain du Voyageur, chargé de surveiller Nora et d'appliquer les représailles. C'est la menace physique et immédiate, là où le Voyageur reste une présence désincarnée.
Tonatiuh
Mateo Flores
Le passeur du bagage, lui-même contraint d'obéir sous la menace. Son personnage sert à montrer qu'Ethan n'est pas le seul maillon forcé de la chaîne.
Logan Marshall-Green
Le faux agent Alcott
Il se présente comme un agent fédéral venu prêter main-forte. Sa vraie fonction dans le dispositif du Voyageur est l'un des retournements du deuxième acte.
Distribution et visuels : TMDB. Retrouvez la fiche Carry-On sur MovieHunt — note, avis et disponibilité en streaming.
Carry-On : fin expliquée et plan du Voyageur
⚠ Attention : cette partie contient des spoilers sur la fin de Carry-On.
Pourquoi le Voyageur veut-il faire exploser l'avion ?
Première précision utile : il n'est jamais question d'une bombe classique. Le bagage contient un dispositif de dispersion chimique, conçu pour libérer un agent innervant dans la cabine en plein vol. Et surtout, le Voyageur n'est pas le cerveau de l'opération : c'est un exécutant, engagé et payé pour livrer un résultat, ce qui explique son détachement de professionnel tout au long du film.
La cible réelle est la députée Grace Turner, qui préside la commission des forces armées et porte un projet de loi baptisé Defense of Threatened Democracies Act. L'attentat est pensé comme une opération sous faux drapeau : en maquillant l'assassinat en représailles russes sur le sol américain, les commanditaires comptent provoquer un vote de rétorsion et ouvrir en grand les vannes budgétaires dont profiteraient les sociétés militaires privées. Le mobile est donc économique et politique, pas personnel.
Qu'y a-t-il dans la valise de Carry-On ?
Le bagage abrite un dispositif pressurisé contenant du Novitchok, une famille d'agents innervants bien réelle, mise au point par l'Union soviétique à partir des années 1970-1980. C'est ce qui rend le McGuffin du film plus concret qu'un explosif générique : la substance existe, elle est extrêmement toxique, et le grand public en a entendu parler à l'occasion d'empoisonnements très médiatisés. En revanche, tout l'usage qui en est fait dans Carry-On relève de la fiction — le dispositif, son mode de déclenchement et le scénario d'attentat sont inventés pour les besoins du film.
Comment Ethan déjoue-t-il le plan du Voyageur ?
Ethan comprend d'abord qu'on lui a menti sur la destination : le vol pour New York qu'on lui a désigné n'est qu'un leurre, et le véritable objectif se trouve à bord d'un vol pour Washington, celui qu'emprunte la députée. À partir de là, il ne cherche plus à empêcher le bagage de passer, mais à saboter la façon dont il voyagera.
Sa trouvaille tient à un détail purement logistique : il échange la valise contre un modèle légèrement plus grand. Trop encombrante pour le coffre à bagages en cabine, elle est automatiquement descendue en soute par le personnel de bord — hors de portée du Voyageur, et hors de la cabine où l'agent devait être libéré. Ethan s'introduit ensuite dans la soute, neutralise le déclenchement à distance du dispositif et en retire la fiole.
Le Voyageur, qui a compris la manœuvre, le rejoint pour un affrontement final au milieu des bagages. C'est là que le film boucle sa mécanique : Ethan parvient à enfermer son adversaire dans un compartiment réfrigéré hermétique — celui-là même où il avait placé la fiole récupérée. Le Voyageur meurt exposé au produit qu'il devait faire libérer sur d'autres.
Qui meurt à la fin de Carry-On ?
Quatre morts marquent la dernière partie du film. Le Voyageur périt dans le compartiment hermétique de la soute. Mateo Flores, le passeur contraint, est tué par l'arme piégée qu'on lui avait remise. Phil Sarkowski, le superviseur d'Ethan, est poignardé par Mateo lui-même, agissant sous la contrainte du Voyageur et du Guetteur. Quant au Guetteur, il est abattu avec sa propre arme par le frère de Mateo, venu régler les comptes de sa famille.
Que devient Ethan Kopek à la fin ?
Le film se referme sur une ellipse d'un an. Ethan et Nora sont de retour à l'aéroport, cette fois comme passagers, avec leur enfant né entre-temps, en partance pour Tahiti un soir de veille de Noël. Jason Noble voyage avec eux : l'ami qu'Ethan avait dû compromettre pour protéger Nora est bien là, ce qui vaut réconciliation sans que le film ait besoin de l'expliciter.
Le dernier plan est le plus parlant. Au moment de vider ses poches dans le bac du portique, Ethan y dépose un badge de la police de Los Angeles : il a fini par passer le concours qu'il repoussait depuis des années. Boucle bouclée pour un personnage que le film avait présenté, en ouverture, comme un homme incapable de se décider — même si, du point de vue de MovieHunt, cette résolution arrive trop tard pour rattraper les deux heures de fadeur qui la précèdent.
Carry-On est-il réaliste ?
Le Novitchok existe-t-il vraiment ?
Oui. Le Novitchok désigne une famille réelle d'agents innervants développée par l'Union soviétique, et son nom est devenu public à la faveur de plusieurs affaires d'empoisonnement largement documentées par la presse internationale. Sa production et sa détention sont interdites par la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Le film s'appuie sur cette réalité pour crédibiliser sa menace, mais ne montre aucun procédé exploitable — et nous n'en détaillerons évidemment aucun ici.
La valise pourrait-elle réellement franchir la sécurité ?
La production a travaillé avec des conseillers spécialisés : un capitaine de la police aéroportuaire a encadré le tournage et formé les acteurs aux gestes et aux procédures d'un poste de contrôle. Le résultat est visuellement convaincant. Sur le fond, en revanche, l'administration américaine chargée de la sûreté des transports (TSA) a publiquement relativisé le scénario : compte tenu de son approche par couches successives de contrôle, il est peu probable qu'un dispositif de ce type franchisse réellement les filtres comme il le fait à l'écran. La TSA a aussi démenti certains détails de couleur locale, à commencer par le fameux jeu de « bingo » entre agents. Autrement dit : bon thriller de huis clos sous tension, mauvais documentaire.
Carry-On a-t-il été tourné à l'aéroport de Los Angeles ?
Non, malgré les apparences. L'intrigue se déroule bien à LAX, mais le tournage a principalement investi l'ancien terminal de l'aéroport Louis-Armstrong de La Nouvelle-Orléans, désaffecté depuis fin 2019 et entièrement redécoré pour ressembler à l'aéroport californien. Ce choix a offert à l'équipe une liberté impossible à obtenir dans un aéroport en activité — jusqu'aux scanners à bagages, reconstitués faute de pouvoir en obtenir de véritables. Un savoir-faire de fabrication qu'on retrouve dans beaucoup de productions Netflix de ce calibre, comme le montre notre sélection des meilleurs films d'action Netflix.
Questions fréquentes sur Carry-On
Faut-il regarder Carry-On ? Notre verdict final
Carry-On a le mérite de proposer un thriller sous tension bien ficelé dans ses grandes lignes, avec un Jason Bateman qui surprend agréablement en méchant de sang-froid. Mais le film reste un hommage inabouti à ses modèles, freiné par un héros trop en retrait et des seconds rôles qui peinent à exister. De quoi passer une soirée sans déplaisir, sans pour autant marquer les esprits.
Informations sur le film
- Titre
- Carry-On
- Année
- 2024
- Réalisateur
- Jaume Collet-Serra
- Genre
- Thriller, Action
- Note MovieHunt
- 4/10

Article rédigé par Ben de MovieHunt — critiques et analyses cinéma basées sur 5 critères artistiques et techniques.
