
Backrooms : le film d'horreur A24 qui pourrait être le vrai successeur de REC
A24 sort Backrooms le 29 mai 2026. Found footage, horreur liminale, réalisateur YouTube : pourquoi ce film change la donne.
Dans quelques jours, A24 sort Backrooms, un film d'horreur inspiré d'un des phénomènes les plus étranges d'internet. Pas un simple monstre, pas une maison hantée, pas un tueur masqué : seulement des couloirs jaunes infinis, une lumière fluorescente, un bourdonnement permanent et cette impression terrible d'être entré dans un endroit dont on ne sortira jamais.
Réalisé par Kane Parsons, le créateur des vidéos Backrooms qui ont explosé sur YouTube, le film pourrait bien être l'une des sorties horrifiques les plus intrigantes de 2026. Et peut-être le premier vrai grand film de found footage depuis REC.
Backrooms, c'est quoi exactement ?
Backrooms, à l'origine, ce n'est pas une franchise classique. C'est un mythe internet. Une idée collective. Un cauchemar né en ligne : celle d'un monde parallèle composé de bureaux vides, de moquettes humides, de murs jaunes et de néons qui bourdonnent. Le principe est simple — et c'est là toute sa force — : on "glisse" hors de la réalité, comme si l'on traversait accidentellement un bug du monde réel. Et on se retrouve dans les Backrooms.
Ce qui fait peur, ce n'est pas seulement ce qu'on peut y croiser. C'est surtout l'espace lui-même. Le vide. La répétition. L'absence de sortie. La sensation que le décor est presque normal… mais pas tout à fait. Trop propre, trop vide, trop silencieux — sauf ce bourdonnement permanent qui semble venir de partout et de nulle part.
Le phénomène est né d'une photo postée anonymement sur internet en 2019 : une pièce jaune, un sol moquetté, une lumière blafarde. Pas de contexte. Pas d'explication. Juste l'image, et cette légende : "si tu 'déclippes' de la réalité en zone incorrecte, tu tomberas dans les Backrooms." Internet a fait le reste.
Pourquoi le film A24 est plus intéressant qu'une adaptation opportuniste
Sur le papier, adapter un phénomène internet au cinéma pourrait sentir la mauvaise idée. Hollywood a souvent du mal avec les creepypastas, les mèmes et les légendes numériques. Slender Man en 2018 en est le parfait contre-exemple : adapté sans conviction, sorti sans âme, oublié en trois semaines.
Mais Backrooms a une vraie particularité : le film n'est pas confié à un réalisateur extérieur venu "récupérer" une tendance. Il est réalisé par Kane Parsons, celui qui a transformé les Backrooms en véritable expérience visuelle sur YouTube. A24 lui fait confiance pour porter son propre univers au cinéma, avec une sortie américaine annoncée le 29 mai 2026.
C'est important, car l'intérêt de Backrooms repose moins sur son scénario que sur son ambiance : le cadrage, le son, le malaise, la texture de l'image, la sensation de regarder une vidéo retrouvée par hasard. Tout ça, Kane Parsons l'a déjà maîtrisé sur YouTube. La question est de savoir s'il peut le transposer sur grand écran, avec au casting Renate Reinsve, Chiwetel Ejiofor et Mark Duplass.
Le vrai retour du found footage ?
Depuis REC (2007), beaucoup de films ont essayé de refaire du found footage. Peu ont retrouvé cette sensation de panique brute : une caméra tenue à la main, une image imparfaite, un danger qui surgit sans musique héroïque, sans explication rassurante. Cloverfield y est presque arrivé. Chronicle a détourné le format. Mais la peur viscérale de REC est restée introuvable.
Backrooms peut fonctionner parce que son ADN est déjà celui du found footage. Les vidéos originales de Kane Parsons donnaient l'impression d'archives perdues, de documents impossibles, de fichiers retrouvés sur un disque dur. Ce n'était pas seulement "filmé caméra à l'épaule" : c'était pensé comme une preuve. Comme si quelqu'un avait réussi à filmer quelque chose qu'on n'était pas censé voir.
Dire que c'est "le seul vrai film de found footage depuis REC" est évidemment provocateur. Mais c'est justement un angle pertinent : Backrooms n'utilise pas le found footage comme un gadget stylistique. Il vient d'un imaginaire internet où tout ressemble déjà à une vidéo volée, une fuite, un enregistrement interdit. Ce n'est pas une technique — c'est l'essence même du projet. Si vous aimez les films d'horreur à l'atmosphère suffocante, Backrooms semble taillé pour vous.
Pourquoi les Backrooms font aussi peur sans monstre visible
La force des Backrooms, c'est que l'horreur ne vient pas d'abord d'une créature. Elle vient d'un lieu. Un lieu trop vide, trop répétitif, trop artificiel. Pas de personnage à fuir, pas de monstre à éviter : juste la certitude de ne jamais pouvoir sortir.
C'est une peur très contemporaine : celle des centres commerciaux fermés, des bureaux abandonnés en pleine nuit, des parkings souterrains sans fin, des hôtels dont les couloirs se ressemblent tous. Des endroits faits pour être fonctionnels, habités, utiles — mais qui deviennent terrifiants dès qu'il n'y a plus personne. Ce que les anglophones appellent les liminal spaces : des espaces de transition, vides de leur sens habituel.
The Guardian insiste justement sur cette dimension : Backrooms transforme des espaces banals et anonymes en cauchemar existentiel. L'horreur n'est pas dans ce qu'on voit mais dans ce qu'on ressent — la perte de repères, l'impossibilité de mesurer le temps, la répétition qui finit par être plus angoissante que n'importe quel jump scare.
Faut-il regarder les vidéos YouTube avant le film ?
Pas obligatoire — mais fortement conseillé. En quinze minutes, on peut comprendre l'essentiel : les couloirs jaunes, l'ambiance VHS numérique dégradée, le bourdonnement constant, l'impression d'être observé par quelque chose d'indéfini, la logique absurde d'un lieu sans entrée ni sortie.
Le film doit normalement pouvoir se regarder sans connaître le lore. Mais regarder les vidéos originales de Kane Parsons avant la séance peut changer radicalement l'expérience. On ne découvre plus seulement un décor : on entre dans une mythologie déjà contaminée par internet. Chaque plan résonne différemment quand on reconnaît la texture, les sons, le rythme de quelque chose qu'on a déjà "vu" en ligne, fragmenté, partagé, commenté.
C'est l'une des choses les plus intéressantes du projet : il suppose une relation nouvelle entre le spectateur et le film. Pas besoin d'avoir lu le roman original ou suivi une franchise. Juste une errance nocturne sur YouTube suffit à préparer le terrain.
Backrooms peut-il devenir le nouveau Blair Witch d'une génération YouTube ?
Blair Witch avait compris la peur d'internet à la fin des années 1990 : les faux sites, les rumeurs, les vidéos retrouvées, l'ambiguïté entre fiction et réalité. REC avait modernisé le found footage en l'enfermant dans un immeuble, avec une intensité presque physique, un compte à rebours qui ne laissait aucun répit. Les deux films avaient compris leur époque avant de la filmer.
Backrooms, lui, appartient à une autre époque : celle de YouTube, des creepypastas, des images générées, des mondes virtuels et des légendes partagées à une vitesse que Blair Witch aurait du mal à imaginer. Son matériau de base n'est pas un roman ou un scénario : c'est un corpus de vidéos internet, une mythologie collaborative, une peur collective que des milliers de gens ont contribué à construire sans se connaître.
La question n'est donc pas seulement : "est-ce que Backrooms fera peur ?" La vraie question est plus profonde : est-ce que le cinéma peut encore transformer une peur née sur internet en vraie expérience de salle ? Peut-il donner un corps à quelque chose qui existait déjà comme un fantôme numérique ?
Avec Backrooms, A24 ne sort pas seulement un nouveau film d'horreur. Le studio tente quelque chose de plus risqué : transformer un cauchemar collectif d'internet en expérience de cinéma. Kane Parsons, Renate Reinsve, Chiwetel Ejiofor — le projet a tous les arguments pour dépasser le simple statut d'adaptation opportuniste.
Si le film conserve la sécheresse, le malaise et l'étrangeté des vidéos originales, il pourrait devenir bien plus qu'une adaptation de creepypasta. Il pourrait être le film qui redonne enfin un sens au found footage : non pas filmer n'importe quoi caméra à l'épaule, mais donner l'impression qu'on regarde quelque chose qu'on n'aurait jamais dû trouver.
Backrooms sera notre première grande peur collective de l'été 2026 — ou la preuve que certains cauchemars ne fonctionnent que sur petit écran.
En attendant la sortie en France, retrouvez aussi notre sélection des meilleurs films d'horreur à voir en couple — des titres qui tiennent la distance en attendant Backrooms.
Backrooms : de quoi parle le film A24 ?
Un jeune cinéaste bascule dans une autre dimension vide et labyrinthique, qui semble abriter des êtres d'un autre monde. Le film s'inspire du phénomène internet des Backrooms : des espaces infinis de couloirs jaunes vides dont on ne peut sortir.
Quand sort Backrooms en France ?
La sortie américaine est prévue le 29 mai 2026. La date de sortie française n'est pas encore officielle, mais avec A24 et ce niveau d'anticipation, une sortie en salles en France en juin 2026 est probable.
Qui réalise le film Backrooms ?
Kane Parsons, créateur des vidéos Backrooms virales sur YouTube. C'est son premier long métrage, produit par A24. Ce choix est essentiel : il assure que le film ne trahit pas l'ambiance originale du phénomène internet.
Faut-il connaître les Backrooms pour voir le film ?
Non, pas obligatoire — mais regarder 15 minutes de vidéos YouTube de Kane Parsons avant la séance enrichit considérablement l'expérience. On entre alors dans le film avec déjà la peur dans le ventre, la texture sonore en tête.
Informations sur le film
- Titre
- Backrooms
- Année
- 2026
- Réalisateur
- Kane Parsons
- Genre
- Horreur, Mystère, Science-Fiction
