
Ces acteurs qui font leurs propres cascades : exploits et revers du décor
Tom Cruise, Jackie Chan, Michelle Yeoh, Belmondo : ce que les stars font vraiment en cascade, et pourquoi Stallone le regrette.
On admire les acteurs qui sautent eux-mêmes du haut d'une falaise ; à 80 ans, Sylvester Stallone dit pourtant avoir été « idiot » de le faire. Oui, plusieurs stars exécutent de vraies cascades, de Tom Cruise à Michelle Yeoh. Mais toujours avec des cascadeurs, des répétitions et des dispositifs de sécurité, et jamais toutes les actions de leurs films.
L'essentiel au 16 octobre 2026
Tom Cruise a lui-même sauté à moto d'une falaise norvégienne pour Mission: Impossible – Dead Reckoning, après un an d'entraînement. Jackie Chan reconnaît utiliser des doublures pour certains plans. Keanu Reeves se bat lui-même dans John Wick, mais sa doublure exécute les chutes les plus dures. Le 13 octobre 2026, Stallone a détaillé à Fox News Digital les opérations subies depuis Expendables.
À notre sens, la formule « il fait ses propres cascades » raconte moins un exploit solitaire qu'un travail d'équipe dont l'acteur est le visage. Ce que la star apporte est réel : un plan sans coupe, un visage reconnaissable au cœur du danger. Le prix l'est aussi, et le témoignage de Stallone le rappelle mieux que n'importe quelle statistique.
Sommaire
Quels acteurs réalisent leurs cascades ?
Les acteurs ci-dessous ont exécuté eux-mêmes au moins une cascade documentée, par un making-of officiel, un entretien direct ou un membre de l'équipe. Chaque fiche précise la scène, la part réelle de la star et qui travaillait à ses côtés.
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Pourquoi Stallone regrette ses propres cascades
Parce qu'il estime en payer le prix depuis Expendables (2010). Dans un entretien publié par Fox News Digital le 13 octobre 2026, à quelques jours de la saison 4 de Tulsa King, il se juge « idiot » d'avoir fait ses propres cascades et déconseille aux jeunes acteurs de l'imiter.
Décompte donné par l'acteur lui-même à Fox News Digital, le 13 octobre 2026. Une arthrodèse cervicale est une fusion de vertèbres du cou.
Il ajoute qu'il n'a jamais été tout à fait le même depuis et qu'il faut désormais « faire la paix avec la douleur ». Première a repris ces chiffres le 15 octobre 2026 ; ils proviennent de son seul témoignage, et ils ont évolué avec le temps.
Du tournage d'Expendables à ses regrets
2010 — le combat contre Steve Austin
Sur le tournage d'Expendables, qu'il réalise, Stallone enchaîne les prises d'un combat. D'après ses récits, il en garde une fracture au cou.
21 février 2024 — The Family Stallone
Dans la série documentaire de Paramount+, il se prépare à sa septième opération du dos et lance : « Ne faites pas vos propres cascades. »
13 octobre 2026 — l'entretien à Fox News Digital
À 80 ans, il évoque neuf opérations du dos et trois arthrodèses cervicales, et se juge « idiot » d'avoir fait ses cascades.
16 octobre 2026 — Tulsa King, saison 4
L'entretien précède la sortie de la nouvelle saison de sa série sur Paramount+.
Son adversaire dans la scène, Steve Austin, est un ancien catcheur de la WWE surnommé « Stone Cold ». En 2024, Stallone racontait avoir enchaîné les prises « comme un idiot », jusqu'à une projection dont il se souvient précisément. C'est lui qui réalisait le film et dirigeait la scène.
« Laissez faire les pros. On ne peut pas battre la gravité. »
Sylvester Stallone, entretien à Fox News Digital publié le 13 octobre 2026 (traduction MovieHunt)
En 2024, il résumait déjà le paradoxe : il y a quelque chose de romantique à faire ses propres cascades, et quelque chose de très peu romantique après. Pour revoir la saga qui a construit son image de combattant, notre guide pour regarder Rocky et Creed dans l'ordre reprend les neuf films.
1976 · Rocky
Aujourd'hui · Tulsa King
D'hier à aujourd'hui : Rocky (1976), image © United Artists, et la série Tulsa King, image © Paramount+. Images via TMDB.
Tom Cruise, Jackie Chan, Belmondo : trois façons de mettre son corps au service du cinéma
Les trois acteurs ont fait de la cascade un argument de mise en scène : montrer que c'est bien eux, sans coupe. Mais chacun le fait différemment, entre préparation quasi scientifique, acrobatie burlesque et goût du risque.
Tom Cruise : la falaise de Dead Reckoning
Pour Mission: Impossible – Dead Reckoning (2023), Tom Cruise s'élance à moto d'un tremplin construit au sommet d'une falaise de Hellesylt, en Norvège, lâche la machine dans le vide et ouvre son parachute. Selon le making-of publié par Paramount en décembre 2022, il a réalisé ce saut six fois en une journée, après plus de 500 sauts en parachute et environ 13 000 sauts de motocross d'entraînement.
La préparation a été encadrée par Wade Eastwood, coordinateur des cascades et réalisateur de la deuxième équipe, avec des moniteurs de saut BASE. Pour la mise en scène, l'intérêt est simple : la caméra peut rester sur le visage de l'acteur pendant que la moto quitte la falaise, et le spectateur sait qu'il ne regarde pas un double numérique.
Making-of officiel publié par Paramount Pictures sur YouTube (en anglais) : l'entraînement et le tournage du saut.
Jackie Chan : la douleur à l'écran, puis dans le générique
Dans Police Story (1985), Jackie Chan saute d'une rambarde sur un poteau couvert de guirlandes électriques et glisse sur plusieurs étages, les ampoules éclatant autour de lui. Les lampes avaient chauffé le métal : il en ressort les mains brûlées. L'année suivante, sur Mister Dynamite (Armour of God), une branche cède sous lui en Yougoslavie et il chute sur des rochers ; la blessure à la tête impose une opération d'urgence.
Chan ne travaille pas seul : il s'appuie sur le Jackie Chan Stunt Team, l'équipe de cascadeurs qu'il a formée, et il reconnaît recourir à des doublures. En janvier 2003, il résumait sa règle à l'agence AP : une doublure s'il faut piloter un avion de chasse ou enchaîner deux doubles saltos, mais un salto simple, il le fait lui-même. Ses films rejouent souvent la cascade sous plusieurs angles et montrent les prises ratées au générique, preuve visible que le risque était réel.
Belmondo : le toit du métro de Peur sur la ville
Dans Peur sur la ville (1975), Jean-Paul Belmondo court et s'allonge sur le toit d'une rame de métro, notamment sur le pont de Bir-Hakeim, de nuit et avec le concours de la RATP. Il n'était pas crédité comme cascadeur, mais il exécutait lui-même ses scènes, réglées par Dan Vieru, tandis que Rémy Julienne et son équipe signaient les cascades automobiles. Sur les toits du film, il se blesse à la main en restant suspendu à une gouttière.
Le réalisateur Henri Verneuil a raconté que la vitesse de la rame avait été montée par paliers, autour de 60 km/h selon lui, avant d'ajouter au montage le son d'une rame lancée à 80 km/h. Une archive de l'INA réunit Verneuil et Belmondo expliquant ces cascades.
Les actrices aussi : Michelle Yeoh et Zoë Bell
Oui, des actrices ont exécuté certaines des cascades les plus marquantes du cinéma d'action. Michelle Yeoh l'a fait en vedette, Zoë Bell en tant que cascadeuse, avant de passer devant la caméra.
Michelle Yeoh, de Supercop à The Stunt Woman
Dans Police Story 3 : Supercop (1992), réalisé par Stanley Tong, Michelle Yeoh saute à moto sur le toit d'un train en marche. En février 2022, elle a rappelé à Entertainment Weekly qu'elle conduisait la moto jusque sur le train et qu'elle enchaînait alors « les cascades les plus folles ». Elle évoquait surtout une autre scène du film, où elle roule d'un camion sur le capot de la voiture de Jackie Chan et manque d'être renversée.
Quatre ans plus tard, sur The Stunt Woman (1996) d'Ann Hui, un saut mal évalué depuis une passerelle vers un camion en marche la blesse gravement au dos ; le film le mentionne dans son épilogue. L'accident rappelle qu'aucune expérience ne supprime le risque.
Zoë Bell, la doublure devenue actrice
Née en Nouvelle-Zélande, Zoë Bell a commencé comme cascadeuse sur Xena, la guerrière, où elle est devenue la doublure de Lucy Lawless. Le documentaire Double Dare (2004) suit sa recherche de travail après la fin de la série, jusqu'à son embauche comme doublure d'Uma Thurman dans Kill Bill. Elle s'y blesse aux côtes et au poignet à la fin du tournage du volume 2.
Quentin Tarantino lui confie ensuite un vrai rôle dans Boulevard de la mort (2007), où elle joue son propre personnage, accrochée au capot d'une Dodge Challenger lancée à pleine vitesse. Marie Claire décrivait en 2007 le dispositif : un harnais caché sous le costume et un seul câble d'acier. Le cas de Zoë Bell inverse la question habituelle : ce n'est plus l'acteur qui fait la cascade, c'est la cascadeuse qui devient actrice.
Keanu Reeves : où s'arrête le combat et où commence la cascade ?
Keanu Reeves exécute lui-même l'essentiel des combats de John Wick, mais pas les chutes et les impacts les plus violents. La distinction tient en trois mots : entraînement, chorégraphie, doublure. L'entraînement est le sien : avant les films, il apprend avec l'équipe de 87eleven le judo et le jiu-jitsu, qui servent de base à son style de combat, et travaille le tir avec le champion Taran Butler. Pour Chapitre 4, il évoque dans un making-of officiel une douzaine de semaines d'entraînement.
La chorégraphie est collective : les coordinateurs écrivent chaque combat et le répètent avec lui, comme une danse. Le lien remonte à Matrix (1999), où Chad Stahelski était la doublure de Reeves ; il a réalisé le premier John Wick, épaulé par David Leitch, cofondateur avec lui de 87eleven.
La doublure, enfin, prend le relais quand le risque change de nature. Jackson Spidell a doublé Reeves sur les trois premiers films. Dans John Wick : Parabellum (2019), c'est lui qui chute du toit du Continental : selon le superviseur des effets visuels Rob Nederhorst, la chute a été tournée en deux morceaux, à des hauteurs sûres, puis assemblée numériquement.
Bonus officiel publié par Lionsgate sur YouTube (en anglais), avec Keanu Reeves et Donnie Yen.
Une cascade réussie reste un travail collectif
Aucune des cascades citées ici n'existe sans une équipe. La préparation d'abord : un an d'entraînement pour le saut de Tom Cruise. La coordination ensuite, avec des noms rarement cités au générique principal : Wade Eastwood, Dan Vieru, Rémy Julienne, Stanley Tong.
Puis viennent les doublures, comme Jackson Spidell ou, avant de devenir actrice, Zoë Bell. Le cadrage et le montage jouent aussi leur rôle : Verneuil a ajouté le son d'un métro plus rapide que le vrai, et une chute de John Wick a été assemblée à partir de deux prises sûres. Les effets visuels, enfin, effacent câbles et harnais plus souvent qu'ils ne remplacent l'acteur.
Ce travail commence à être reconnu : l'Académie des Oscars a annoncé en avril 2025 une récompense dédiée à la conception des cascades, remise pour la première fois en 2028. Pour prolonger avec des films où l'action physique compte, notre classement des meilleurs films d'action de 2026 met en avant ceux dont les combats restent lisibles.
FAQ — acteurs qui font leurs propres cascades
Article rédigé par Ben de MovieHunt — critiques et analyses cinéma basées sur 5 critères artistiques et techniques.